Corinne Deville

Mot de l’éditeur

Dans la profusion artistique qui a marqué le XXe siècle, nombreux sont les artistes ayant échappé à la reconnaissance. Ce livre montre les œuvres et découvre un pan de l’histoire de l’une d’entre eux, Corinne Deville. Fille d’industriels ardennais eux-mêmes très bons artistes, meurtrie par les bombardements de la seconde guerre mondiale, mariée très jeune à un homme politique qui deviendra une figure du pompidolisme et auquel elle restera attachée toute sa vie. Mère de cinq enfants, grande lectrice, son parcours est en tout point original et décalé.
Corinne Deville alternera des décennies de vie en compagnie de rares amis qui se comptent sur les doigts d’une main avec de longues périodes de souffrance qui l’amèneront à de longs séjours en maisons de repos. Ce parcours de vie fait du travail de Corinne Deville une œuvre unique et difficilement classable, dont on n’a que peu d’exemples si ce n’est peut-être l’œuvre et la vie de sa quasi contemporaine anglaise Leonora Carrington (même ascendance d’une famille d’industriels fortunés, mêmes traumatismes dus à la seconde guerre mondiale suivi d’internements psychiatriques, même amour passionné pour un homme) sans compter le déploiement de leurs activités artistiques.
Corinne Deville commence à peindre dès 1942 sous l’influence de ses parents, eux-mêmes graveur et peintre. Lectrice assidue dès son adolescence – aussi bien de Shakespeare (dont elle a lu l’intégralité de l’œuvre à 8 ans) que de Georges Simenon- elle reste profondément envoutée par la figure de son concitoyen ardennais Arthur Rimbaud et attachée à l’œuvre d’Aimé Césaire, deux de ses écrivains clé auxquels elle rend hommage de multiples fois dans ses peintures. Retirée et recluse dans ses différentes résidences (Reims, Paris, Suisse) qui deviennent au fil des années de véritables musées d’Art et Tradition populaires, Corinne Deville ne cesse de produire.
Malgré sa volonté de tout brûler, son œuvre a été sauvée par son mari et ses cinq enfants. Cet ouvrage de référence en dévoile l’ampleur et la fulgurance : plus de 450 œuvres recensées, dont une série de sculptures, des trains somptueux construits en bois et habillés de boîtes de conserve.

Les auteurs
Bernard Blistène, conservateur en chef du patrimoine, a été entre autres directeur des musées de Marseille (1990-1998) et directeur du musée national d’Art moderne au Centre Pompidou (2013-2021).
Anne-Marie Dubois, psychiatre, praticien hospitalier, est responsable scientifique du MAHHSA (musée d’art et d’histoire de l’hôpital Sainte-Anne).
Dominique Carré, éditeur et commissaire d’exposition, est directeur de collection aux Éditions La Découverte.

22 x 27 cm
376 pages
Relié
isbn 978-2-35532-485-7
45 €

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