Hedwige Vlasto, Louise Silverio – Voyage en Rouille

Mot de l’éditeur :

Les habitants sont partis depuis longtemps. Restent une boîte aux lettres marquée NPAI (n’habite plus à l’adresse indiquée), un monument aux morts dont les noms s’effacent, une porte close où seul le panneau « chien méchant » résiste encore. Les photographies d’Hedwige Vlasto sont des natures mortes d’un genre particulier : ce ne sont pas les objets qu’elle fixe, mais l’absence même, les traces fragiles d’une vie humaine qui s’estompe sous l’action du temps. Ce Voyage en rouille nous entraîne à travers l’Europe, de la France au Portugal, des Açores à la Sicile.

Ce qui attire Hedwige ? Les surfaces qui s’écaillent, les métaux oxydés, la matière qui s’effrite. L’instant où la peinture craquelle, où les lettres d’une enseigne tombent, où la végétation colonise le construit. Le Moulin rouge révèle cette alchimie avec une force particulière : deux portes rouges écaillées percent à peine sous un manteau de fougères et de mousse qui a englouti la maison de pierre. La scène est presque onirique. La nature ne se contente pas d’user, elle reprend possession, transforme, crée une beauté trouble entre conte et ruine. Hedwige saisit le moment où les inscriptions, les noms, les mots deviennent pure matière visuelle, perdant leur fonction pour gagner en poésie.

Sa méthode rappelle celle du collectionneur de curiosités : choisir, cadrer, fixer. L’appareil opère comme un instrument de précision qui isole et prélève l’instant. Sans retouche. Cette approche transforme le rebut en sujet photographique. Le temps d’une photo, on s’arrête sur ce qu’on aurait ignoré.

Cette publication naît d’une collaboration avec Louise Silverio, scénariste dont les textes rehaussent et scénarisent les images. Ses commentaires donnent volume et profondeur aux photographies d’Hedwige. Ensemble, elles composent un étrange cabinet où les objets abandonnés racontent notre rapport au temps et à l’impermanence. Car ces natures mortes ne sont pas des complaintes de l’abandon : le photographe Michel Jean, dans sa préface, y voit plutôt « une ode au retour de l’Homme à la Terre ».

Le Moulin rouge

 

23 x 30 cm
88 pages en couleurs
Couverture souple à rabats
isbn 978-2-35532-466-6
35 €

 

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